Article Presse

Le magazine Entreprise & Carrières, Numéro 1177 du 28/01/2014 parle de O.S.I.R.I.S

Dossier : SERIOUS GAME : L’ESSAYER, C’EST L’ADOPTER
Auteur : VALÉRIE GRASSET-MOREL

CEA-INSTN
LE NUCLÉAIRE SE PRÊTE AU JEU 3D AVEC OSIRIS

Osiris est un outil de simulation et d’intervention pour la formation réglementaire des personnes compétentes en radioprotection.

La « formation-réalité » a des limites : impossible, par exemple, d’exposer à des sources radioactives les personnels de maintenance d’une centrale nucléaire.
Comment alors les former au plus près de la réalité des risques encourus en sortant de la
traditionnelle salle de travaux pratiques et des cours théoriques ? En reconstituant un environnement virtuel 3D d’installations nucléaires de base. C’est le choix qu’a fait le CEA
(Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives-Institut national des sciences et techniques nucléaires) en développant, avec son partenaire Oreka Ingénierie (expert en ingénierie nucléaire), Osiris, un outil de simulation et d’intervention sous rayonnements ionisants.

Immersion dans un environnement virtuel

« Cet outil informatique est une brique de deux jours d’utilisation intégrée à la formation
réglementaire d’une durée de deux semaines des personnes compétentes en radioprotection – PCR, et également les radioprotectionnistes – dans le cadre de nos enseignements », explique Alain Pin, ingénieur responsable pédagogique à l’INSTN de Cherbourg-Octeville. Par l’intermédiaire d’un avatar, la PCR évolue librement dans l’environnement virtuel de la boîte à eau d’un générateur de vapeur d’un centre nucléaire de production d’électricité, en vue subjective à la première personne. Il est ainsi immergé dans la scène comme si la caméra était placée à hauteur de ses yeux. Il peut réaliser
des mesures de débit d’équivalent de dose, des mesures de contamination de surface, mettre en place des balisages et des appareils de contrôle¼ « Il ne s’agit pas de préparer les PCR à une intervention mais d’alimenter leur réflexion sur l’identification des risques radiologiques et de les former à une approche de radioprotection », poursuit Alain Pin. « Un serious game technique en 3D, qui plonge l’utilisateur dans un environnement réaliste, permet un transfert de connaissances plus rapide », ajoute Béatrice Kopczynski, directrice commerciale d’Oreka.

Les stagiaires, en binôme ou par trois, sont accompagnés par un formateur dans l’utilisation d’Osiris qui, s’il semble plus ludique que les autres cours, n’en reste pas moins obligatoire dans le cadre de cette formation réglementaire sanctionnée par un certificat. Certaines personnes peuvent montrer une réticence à utiliser le serious game. Libre à elles : « Cela a un impact limité sur la préparation des épreuves, précise Alain Pin. Ce n’est qu’un module parmi d’autres. »

Une version adaptable

Depuis quatre ans, le CEA-INSTN utilise en propre, pour ses PCR et certains chantiers écoles d’EDF, le prototype d’Osiris développé avec Oreka. Près de 200 salariés l’ont utilisé à ce jour. Les deux partenaires vont prochainement en proposer une version commerciale, adaptable à d’autres entreprises ou environnements : « Par exemple, pour EDF, un bâtiment réacteur complet, ou une transposition de l’outil au secteur nucléaire de santé », évoque Alain Pin.

Son coût actuel est variable selon le nombre d’usagers du jeu, soit environ 4 000 euros pour une licence unique, jusqu’à 40 000 euros pour une licence de groupe comprenant le droit d’utilisation du serious game et des clés USB cryptées.

D’après Alain Pin et Béatrice Kopczynski, « Osiris, premier serious game technique dans le nucléaire, est précurseur des nouveaux modes d’apprentissage qui se développent dans l’industrie comme la modélisation 3D ».

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